Histoire de gros sous

Publié le par doc-ally

M. 17 ans, vient me voir pour une asthénie. J'avais déjà vu cette jeune fille, peu de temps avant, pour une anxiété. Un joli brin de fille qui me semble très perfectionniste et s'écoutant beaucoup. L'angoisse et le lycée, en tout cas, cela va mieux, même si c'est pas parfait, me dit-elle. Mais cette fatigue depuis quelques jours, ça commence à l'inquiéter sérieusement.

 

Bingo ! Fièvre et angine virale. Je peux la rassurer. La consultation se finit.

 

Je demande donc au père de me régler les 23 euros.

 

"23 euros, c'est pas donné !" 

 

Je crois sincèrement n'être pas intéressé par l'argent. J'ai été élevée dans un milieu où gagner un peu plus que le SMIC et avoir la sécurité de l'emploi, c'est déjà très bien.

 

Mais mince, on fait neuf ans d'étude. Je connais les tarifs des électriciens, plombiers, les notaires, les avocats, les dépassements d'honoraires de certains de mes confrères, le prix de la vie en général. 23 euros, c'est quoi ? 3 places de cinéma ? Trois McDos ? Quelques verres dans un bar ? Un T-shirt sympa ?

 

J'ai assez mal vécu qu'on me dévalorise ainsi. Je trouve déjà injuste de gagner 120 euros pour 16h de garde, d'effectuer toute une journée de consultations et après reverser toutes mes recettes à mon maître de stage.

 

Tout ce que j'ai pu répondre sur un ton sec malgré moi : "Effectivement, pour neuf années d'étude, ce n'est pas donné !"

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Kewan 25/03/2013 08:18

ça arrive parfois. Je leur rappelle que dans l'ensemble de l'europe le tarif est plutôt deux fois plus et avec une attente plus longue.

Lucile 22/01/2012 22:35

Je trouve que cette anecdote peut facilement être reliée à l'article que vous avez écrit le 15 janvier. Drole de société que la notre où l'on vient consulter parce qu'on a un rhume, besoin d'un
arret parce que euh, on est fatigué,... mais quand vient le moment de régler, on trouve que 23euros c'est abusé, quand même...